Un mois après le lancement du quatrième recensement de la population, les agents recenseurs ont déclenché une grève générale sur l’ensemble du territoire. Faute de réponses du Premier ministre à leur préavis, le collectif proteste contre la précarité de ses conditions de travail, bloquant ainsi une opération statistique majeure attendue depuis 21 ans.
Brouille sur le 4e recensement général de la population et de l’habitat au Cameroun. La collecte des données démographiques est à l’arrêt. Après avoir déposé un mémorandum le 19 mai dernier dans les services du Premier ministre, le collectif des agents recenseurs a mis sa menace à exécution en suspendant ses activités. Les grévistes dénoncent l’absence de réponses concrètes à leurs revendications à l’expiration d’un ultimatum de 72 heures.
Le collectif pointe du doigt des manquements qualifiés de « graves » sur les plans contractuel, technique et sécuritaire. Les agents déplorent notamment des retards logistiques depuis le début des opérations le 24 avril, du matériel médical obsolète, le versement irrégulier des frais de subsistance, ainsi que des prélèvements fiscaux imprévus sur des salaires déjà jugés dérisoires.
Ce blocage intervient dans un contexte crucial pour le Cameroun, qui réalise son quatrième recensement général de la population, couplé cette année à celui de l’agriculture et de l’élevage. L’enjeu est de taille pour les politiques publiques, la dernière mise à jour de ces données nationales remontant à plus de deux décennies.
Au final, cette crise sociale met en péril la validité et le calendrier d’une opération essentielle au développement du pays. Le déblocage de la situation repose désormais sur l’ouverture d’un dialogue direct entre le gouvernement et les grévistes pour garantir la reprise de la collecte.





