L’observateur et écrivain Jean Ediegnie, dans cette sortie fait un listening de dix ministres camerounais qu’il estime être près du peuple.
Mes chers compatriotes,
Alors que le Cameroun attend toujours le remaniement ministériel annoncé par le Chef de l’État dans son traditionnel discours du 31 décembre, les spéculations vont bon train, les listes circulent, les calculs se font en silence.
Dans cette attente lourde de sens, une question revient souvent dans les conversations de quartier, sur les plateaux télé et sur les réseaux sociaux : Qui va partir ? Qui va rester ? Et surtout… pourquoi ?
Car au-delà des équilibres politiques, des régions et des alliances, il y a une autre réalité, plus humaine, plus subtile, que l’on oublie souvent d’évaluer : Au Cameroun, on a souvent tendance à croire que pour être ministre, il faut être rigide, distant, enfermé dans le protocole et inaccessible.
Pourtant, notre histoire politique a connu — et connaît encore — des ministres cool, au sens noble du terme : des hommes posés, respectés, proches des gens, qui n’avaient pas besoin de hausser le ton pour imposer le respect.
Voici donc, sans esprit de clan ni calcul politique, le Top 10 des ministres camerounais les plus cool de tous les temps, selon mon regard citoyen :
Joseph Owona (paix à son âme)
Un brillant juriste constitutionnaliste. Un esprit fin, respecté de tous. Il a dirigé à plusieurs reprises la FECAFOOT à travers les comités de normalisation. Toujours calme. Toujours élégant intellectuellement. Un ministre qu’on écoutait, même quand on n’était pas d’accord.
Philippe Mbarga Mboa
Un ministre cool et posé. Un homme qui a d’abord bâti sa réussite dans le privé avant d’entrer dans l’appareil d’État. Ancien président de l’Olympique de Mvolyé, club mythique de Yaoundé.
Aujourd’hui chargé de mission à la Présidence, il reste apprécié pour son calme et sa discrétion.
Ange Michel Angouing
Originaire de l’Est, progressiste assumé au sein du RDPC. Il dit ce qu’il pense, même quand ça dérange. Lors des dernières élections régionales, il s’est fait remarquer par sa liberté de ton. À son époque déjà, les musiciens chantaient son nom — Petit Pays, notamment. Un ministre qui ne s’est jamais laissé enfermer par le protocole.
Laurent Esso
Garde des Sceaux. Très peu de bruit. Très peu de sorties inutiles. Mais un respect unanime. Toujours calme. Toujours droit. Un ministre qui impose sans jamais s’imposer.
Narcisse Mouelle Kombi
Le professeur resté maître de lui. Même dans son conflit ouvert avec Samuel Eto’o, il n’a jamais eu de mot déplacé. Toujours posé. Toujours institutionnel. On se souvient de son coup d’envoi magistral lors d’une finale de Coupe du Cameroun restée dans les annales. Très cool.
Issa Tchiroma Bakary
Qu’on l’aime ou pas, une chose est claire : il reste, pour beaucoup, le ministre de la Communication le plus cool que le Cameroun ait connu. Il savait parler. Il savait défendre le gouvernement. Il savait tenir un plateau. Aujourd’hui, il paie peut-être le prix de cette exposition, mais le style reste.
Pierre Ismaël Bidoung Mpwatt
Ancien humoriste connu à l’INJS sous le surnom de Mini Pam Pam. Il a donné une âme à l’INJS. Au ministère des Sports, c’était la période glorieuse des années 2000 : titres, organisation, sérénité. Même plus tard, à la Jeunesse puis à la Culture, il est resté fidèle à son style posé.
Joseph Dion Ngute
Un Premier ministre sans excès. Discret. Accessible. On peut le croiser à la cathédrale Notre-Dame-des-Victoires avec son épouse, sans protocole étouffant. Simple. Cool. Institutionnel.
Grégoire Owona
Ministre du Travail et secrétaire général adjoint du RDPC. Il ne se prend pas la tête. Il répond même sur les réseaux sociaux. Un homme resté proche du terrain, sans arrogance.
Jean De Dieu Momo
Avocat de formation, ministre délégué à la Justice. Très actif sur les réseaux ces derniers temps. Il like les commentaires. Il participe aux challenges (même celui du plus beau bureau). Un ministre qui ne se prend pas au sérieux… mais prend son travail au sérieux.
En Conclusion :
Être cool en politique, ce n’est pas être mou. Ce n’est pas être absent. C’est rester humain, posé, accessible, sans perdre le sens de l’État. Ce classement est assumé, subjectif et ouvert au débat. Et pour vous, quel ministre camerounais était (ou est) vraiment cool ?





