Cameroun-Sécession : « La Corse, si proche, si éloignée…» Un éditorial de Georges Alain Boyomo

Geoges Alain Boyomo

Située en mer méditerranée, la Corse est une île française à l’histoire politique plu- tôt agitée. Pour ses convulsions indépendantistes, « L’île de beauté » constitue un boulet pour Paris. Le 6 février 1998 à Ajaccio, le pic de violence a été atteint avec l’assassinat du préfet Claude Erignac par un commando de deux tueurs, dont Yvan Colonna, un militant de la cause indépendantiste.

Les différents chefs d’Etat français ont pris des mesures institutionnelles pour désamorcer la bombe corse. Assimilée à une région, la Corse est aujourd’hui une collectivité territoriale à statut particulier. Au nom de la politique de régionalisation, laCorse est dotée d’une Assemblée de Corse et de compétences assez étendues. En dépit de ces concessions, le séparatisme corse fait de la résistance. Jean-Guy Talamoni, le leader indépendantiste et président de l’Assemblée de l’île, souhaite toujours que la Corse devienne un pays à part entière.

Début février courant, le président français Emmanuel Macron s’est rendu en Corse pour rendre hommage au préfet Claude Erignac et dévoiler sa vision sur l’avenir de la Corse. Il a concédé une mention future de la Corse dans la Constitution, mais a refusé de céder sur les revendications nationalistes, notamment l’amnistie des « prisonniers politiques », qualifiés de « terroristes » par Paris.

Voici ce qu’écrit Rénaud Dély, éditorialiste à Marianne, au sujet de la visite de Macron en Corse : « être républicain, ce n’est pas être obtus, aveugle ou sectaire et nier les spécificités d’un territoire et de ses habitants. C’est au contraire savoir se montrer ouvert et pragmatique (…). C’est ainsi que les républicains briseront la solidarité implicite qui conduit, trop souvent, une frange de l’opinion insulaire à témoigner d’une indulgence coupable à l’endroit des extrémistes ». Le journaliste ajoute que les nationalistes doivent rompre avec « le double langage » et les « provocations » ; avant de conclure que « la République est forte lorsqu’elle assume sa diversité. La Corse, elle, n’est grande que dans la République ».

Le cas corse devrait parler au pouvoir de Yaoundé, mais aussi aux autonomistes et indépendantistes anglophones. La situation dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest aujourd’hui, c’est un sous-préfet enlevé par des sécessionnistes, une vingtaine de soldats tués, des victimes civiles collatérales, des milliers de Camerounais refugiés au Nigeria, l’école et les commerces sous perfusion, etc. Après des bavures et atermoiements, le gouvernement a posé des actes dans le sens de la décrispation et de l’apaisement. Il faut sans doute faire plus pour enrayer la spirale de violence et ramener la paix dans les régions anglophones.

Il faut engager un dialogue franc et sincère avec les « autonomistes » anglophones. Comme dans le cas corse, cela coupera l’herbe sous les pieds des extrémistes, qui semblent encore bénéficier d’une « indulgence coupable » dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Le dialogue permettra de pousser dans leurs derniers retranchements ceux-là qui ont pris les armes contre l’Etat et la République. Une fois que le pouvoir aura concrétisé sa bonne foi, les « autonomistes » devront, eux aussi, jouer franc jeu.

En Corse, Gilles Simeoni, le leader autonomiste et patron de l’exécutif local a su, par ses prises de position, sauvegarder, avec Paris, l’essentiel : l’unité nationale. Et repousser les velléités indépendantistes portées par Jean-Guy Talamoni. Une visite du chef de l’Etat à Buea ou Bamenda serait un bonus. u demeurant, l’hydre sécessionniste qui empoisonne les deux régions anglophones ne pourra être vaincue que par une stratégie concertée et pragmatique.

Partager l'article:
Étiquettes:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire sur mobile

QR Code
Ne perdez plus rien, recevez le résumé de l'actualité quotidienne, directement dans votre courriel.

Vous êtes désormais inscrit à notre newsletter, merci de faire partie de notre auditoire!

Dans la même catégorie:

La bataille judiciaire autour de la dépouille d’Anicet Ekane vient de prendre une tournure critique à Douala. Initialement prévues pour les 24 et 25 avril

Dans une communication ce mardi 21 avril sur ses réseaux sociaux, l’activiste Winnie Savannah a dit toute sa reconnaissance à Issa Tchiroma Bakary pour l’avoir

Annoncé Mort à l’aurore de ce mardi 21 avril 2026, son décès serait selon des informations consécutive à une opération qui se serait mal passé.

Dans cette sortie de cet acteur important du football au Cameroun, il pense de manière claire que les instruments juridiques internes au sein de l’instance

Dans cette sortie fracassante le président du FDC affirme que Maurice Kamto avait proposé 100 millions de FCFA pour être investi par son parti pour

Votre journal en ligne 237actu.com revient sur un important discours de l’ancien homme fort du Tchad. Mes chers compatriotes, Souvenez-vous de ces heures d’incertitude. À