Au Cameroun, la réalisation des grands projets d’infrastructure rime presque toujours avec une explosion spectaculaire des budgets initiaux. Du lac municipal à Olembé en passant par l’autoroute Yaoundé-Douala, la « malédiction des avenants » met en lumière des dérives financières vertigineuses qui plombent durablement les caisses de l’État.
C’est un serpent de mer qui défraie régulièrement la chronique économique et politique nationale : la flambée systématique des coûts dans les chantiers d’infrastructures d’envergure.
Dans ses colonnes, le journal La Nouvelle Expression, en kiosque ce matin pointe du doigt un mal persistant, pudiquement qualifié de « malédiction des avenants ». Derrière cette expression se cache une réalité financière troublante où le budget initialement présenté aux citoyens ne sert souvent que de simple rampe de lancement. Les chiffres, à cet égard, donnent le vertige et traduisent une dérive budgétaire chronique.
Le coût du projet d’aménagement du lac municipal de Yaoundé a ainsi bondi de 25 à plus de 38 milliards de francs CFA. Une envolée similaire s’observe sur le tronçon de 60 kilomètres de l’autoroute Yaoundé-Douala, dont l’enveloppe est passée de 284 à plus de 370 milliards de francs CFA. Le complexe sportif d’Olembé, quant à lui, est passé de 163 à 218 milliards de francs CFA, tandis que le barrage de Memve’ele a vu son coût grimper de 400 à 500 milliards de francs CFA. Une liste non exhaustive qui illustre l’ampleur de la facture supportée par le contribuable.
À l’heure où les équilibres macroéconomiques du pays exigent une rigueur accrue, la récurrence de ces surcoûts interroge profondément. Plus qu’une simple fatalité technique, cette opacité dans la gestion des rallonges budgétaires pose avec acuité la question de la fiabilité des études préalables et de la transparence dans la gouvernance de la commande publique sous l’administration actuelle.




