Cybercriminalité : Moustik le Karismatik siffle la fin de la récréation sur Facebook

Moustik le Karismatik

L’humoriste camerounais Moustik le Karismatik a franchi le pas de la procédure judiciaire contre une internaute. Suite à un commentaire jugé diffamatoire sur Facebook, la star du web a fait constater les faits par un huissier de justice ce 6 mai 2026. Une affaire qui illustre la fin de l’impunité sur les réseaux sociaux au Cameroun.

L’arène numérique ne sera plus un Far West pour Thérèse Ngono Marie. Cette internaute, basée à Yaoundé, se retrouve aujourd’hui dans le viseur de la justice camerounaise. Tout commence le 4 mai dernier, lorsque Hubert Martial Tagne Tagne, alias Moustik le Karismatik, publie un message de sensibilisation sur la cybercriminalité. En réaction, l’utilisatrice poste une phrase courte mais lourde de conséquences : « On a compris que C’est toi même le maître casseur ».

Le poids des mots dans le lexique local

Pour l’humoriste et son conseil, l’expression ne relève pas de la simple raillerie. Le procès-verbal de constat, dressé par Maître Mbeleck Mbeinoun le 6 mai 2026 à 9h08, est formel. Le document précise que le terme « maître casseur », dans l’argot camerounais, constitue une « imputation directe à l’homosexualité et constituant une diffamation manifeste ».

Moustik le Karismatik avait pourtant laissé une chance à la médiation. Il avait fixé un ultimatum à l’internaute, lui donnant jusqu’au 6 mai à midi pour s’expliquer. Le silence de l’intéressée a déclenché l’offensive juridique. L’huissier a consigné chaque détail technique : identité déclarée, localisation à Yaoundé, et même le nombre de réactions suscitées par le commentaire litigieux.

Un procès-verbal à 25 000 Francs pour l’exemple

Le dossier est désormais solidement ficelé. Le constat, dont le coût s’élève à 25 000 Francs CFA, sert de base authentique à la plainte. Au-delà de l’ego froissé, c’est un signal fort envoyé à la communauté numérique. Trop souvent, l’anonymat relatif ou la distance physique font oublier aux internautes les dispositions du décret N°2023/042 sur la profession d’huissier, désormais mobilisée pour traquer les dérives virtuelles.

Cette affaire rappelle que derrière les écrans, les lois de la République s’appliquent. Si Moustik manie d’ordinaire l’autodérision, il démontre ici qu’il ne plaisante pas avec son honneur. Pour Thérèse Ngono Marie, l’heure des « likes » est passée, celle des explications devant le procureur approche. La « tontine » numérique pourrait cette fois coûter très cher.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire sur mobile

QR Code
Ne perdez plus rien, recevez le résumé de l'actualité quotidienne, directement dans votre courriel.

Vous êtes désormais inscrit à notre newsletter, merci de faire partie de notre auditoire!

Dans la même catégorie: ,

Intervenant sur l’affaire Martinez Zogo sur le plateau de club d’Elites sur Vision 4, une télévision privée émettant depuis Yaoundé où il officie comme consultant

Le journaliste Serge Aimé Bikoi analyse la sortie de cet organisme de défense des droits de l’homme sur la vendetta médiatique autour de l’avocate de

Au cœur du procès Martinez Zogo, l’expertise numérique révèle une zone d’ombre troublante. Entre le 13 et le 23 janvier 2023, période charnière de l’enlèvement

Cible d’un récent reportage sur la chaîne Vision 4, Me Félicité Zeifman, avocate des ayants droit de Martinez Zogo, a réagi avec fermeté. Face aux

Le quartier Bepanda Omnisport à Douala est en deuil. Un immeuble de type R+3 en construction s’est effondré ce mercredi 3 juin 2026, faisant un

Alors que la 6e édition du Mois camerounais de l’enfance s’ouvre, le gouvernement sonne la mobilisation générale. Entre violences accrues et abus multiformes, l’urgence est