Face aux appels récurrents réclamant le constat d’une vacance présidentielle, Cabral Libii apporte un éclairage juridique décisif. Selon le leader du PCRN, la loi de révision d’avril 2026 confère au seul vice-président la prérogative de saisir le Conseil constitutionnel, rendant toute démarche actuelle inopérante en l’absence de cette nomination.
Le débat sur la gestion des sommets de l’État camerounais se heurte à des réalités textuelles strictes. Alors que les interrogations persistent autour de la durée des séjours du président Paul Biya hors des frontières nationales, Cabral Libii vient recadrer les initiatives politiques à travers une analyse juridique détaillée.
Dans une mise au point à visée pédagogique, le président national du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) rappelle d’abord un principe fondamental : la Constitution camerounaise ne fixe aucune limite à la durée d’un séjour du chef de l’État à l’étranger. Par conséquent, une simple absence prolongée n’est pas inscrite comme motif de vacance, celle-ci ne s’ouvrant que par le décès, la démission ou un empêchement définitif.
Mais le cœur de l’argumentation de l’homme politique réside dans l’évolution récente des textes. Avec la loi de révision du 14 avril 2026 modifiant l’article 38 de la loi de 2004 sur le Conseil constitutionnel, le législateur a consacré une compétence exclusive. Désormais, seul le vice-président de la République est habilité à saisir le Conseil constitutionnel pour faire constater un empêchement définitif. Les anciennes dispositions permettant au président de l’Assemblée nationale d’agir n’ayant pas été reconduites, la voie institutionnelle est verrouillée.
Par conséquent, tant qu’aucun vice-président n’est nommé, l’activation de cette procédure demeure théoriquement impossible. Pour Cabral Libii, ce type de vide textuel ne pourra être corrigé qu’à travers une redéfinition des équilibres politiques et une modification des lois en vigueur par une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale.
Entre exigences de transparence et complexité de l’architecture institutionnelle, cette sortie éclaire d’un jour nouveau les limites du droit positif camerounais face aux crises politiques.




