« On ne peut pas faire la politique à Yaoundé, Douala et dans le Moungo comme ailleurs »

Riphin Ngoppe dans cette tribune importante dresse le tableau de la situation de ses trois zones au Cameroun qui sont chargées d’une histoire politique importante.

S’il y a des voix qui s’élèvent pour dénoncer ce que certains, partisans du moindre effort, appellent le “vol” de sièges politiques dans leurs villages, il convient de préciser que nous parlons ici de villes comme Yaoundé, Douala et le Moungo. Mais ceux qui dénoncent font semblant d’ignorer que ces trois contrées ont un statut particulier, notamment en raison de leur composition sociologique fortement cosmopolite.

On ne peut pas faire de la politique dans une société cosmopolite, comme on le ferait dans des villes monocolore comme Bafoussam, Bertoua, Édéa, Ngaoundéré, Maroua ou encore Garoua.

Les conséquences pourraient être lourdes. Dans le cas de villes comme Yaoundé, Douala ou encore le Moungo, il s’agit d’espaces fortement cosmopolites, au point où ceux que l’on appelle autochtones peuvent parfois se compter du bout des doigts. Dieu seul sait qu’en politique le nombre est crucial.

On y observe également une forte concentration d’opportunités d’emploi. La plupart des grandes entreprises et multinationales y sont installées. Des familles y vivent depuis plusieurs générations et participent activement au développement de ces villes, au point de s’y identifier pleinement comme fils et filles de ces localités.

Cette réalité est encore plus marquée dans le Moungo. Certains enfants, dont les aïeux s’y sont installés à l’époque de la main-d’œuvre dans les grandes plantations de café coloniales, y sont nés, y ont fondé des familles et participent à la vie économique et sociale depuis des générations.

Aujourd’hui, beaucoup considèrent les différentes villes du Moungo comme leurs villages. Même en vivant dans les grandes métropoles, lorsqu’ils s’y rendent, ils disent qu’ils “rentrent au village”, avec à l’appui, caveau familiale et lieu sacré. Et personne ne peut leur retirer cela.

Leurs grands-parents y ont vécu, leurs parents aussi, et eux-mêmes y vivent aujourd’hui avec leurs enfants, qui considèrent avec fierté que Loum, Nkongsamba, Melong, Njombé-Penja, Mbanga, Manjo ou Souza, etc. Sont leurs villages. C’est donc avec ce droit qu’ils ont également le devoir de participer à la vie politique, économique, culturelle et sociale de ces localités.

Aucun enfant de cette terre ne “vole” le poste politique d’un autre, qui plus est, dans villes de Douala, Yaoundé ou dans le Moungo. Ils sont pleinement dans leur droit. Par ailleurs, affirmer que certains “volent” des postes politiques relève de la distraction et de l’affabulation.

Qui a dit que la politique est une profession ou un moyen de survie ? C’est un espace d’expression et de participation ouvert à tous. Le jour où Elimbi Lobe, ses aïeux ou ses enfants auront passé toute leur vie dans des villes comme Bafoussam, Mbouda ou Bamena, à l’Ouest du Cameroun, ils auront naturellement le droit de participer à la vie politique locale.

« Alea jacta est », bonne fête de l’unité.

 

 

 

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One Response

  1. Charabia.
    Vous fermez vos villes et villages aux autres et vous faites des analyses bancales pour expliquer l’inexplicable. Vous êtes venus faire du business et non gérer les communautés des autres.
    Faites vos affaires mais rentrez gérer vos communautés.
    Quand il s’agit de faire vos funérailles, construire vos manoirs, acheter la notabilité, etc, vous reconnaissez le chemin de vos villages.
    Lorsque l’heure de gérer les cités arrivent, brutalement vous découvrez que vous êtes éligibles chez les autres parce que vous y faites des affaires depuis des décennies. Si vous tenez à devenir les autres, renoncez à vos coutumes et epiusez les leurs . Cessez d’être des caméléons opportunistes

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