Lors de sa sortie à travers sa lettre pastorale du 8 aout dernier, l’archeveque métropolitain de la ville de Douala est revenu sur certains aspects qui mettent le pays en mauvaise posture notamment le train de vie du gouvernement.
Dans sa sortie, il va dire que : « Aujourd’hui, force est de reconnaitre que notre pays le Cameroun est gangrené par le grave phénomène de la corruption. Cela peut se vérifier dans tous les domaines de la vie sociale jusque dans la vie ordinaire : l’administration, l’éducation, la finance, les marchés publics, l’armée, la police, la gendarmerie, la justice, la religion, la santé publique », clame-t-il.
Dans la suite de sa lettre, il va mettre en avant le fait que la corruption, ne se manifeste pas seulement par le pillage et le gaspillage des ressources publiques, mais aussi par le train de vie royale de ses agents : « mais elle est aggravée par le train de vie exponentiel des membres du gouvernement, alors qu’une grande majorité de citoyens crève de faim. La conséquence qui en découle est que la corruption paralyse le fonctionnement même de l’État, crée des injustices et des inégalités au sein de la population et plonge toute la société dans le désespoir face à un lendemain incertain et hypothéqué ».
Aussi, il estime que l’intérêt général n’est plus au centre des préoccupations :, « L’accent est plutôt mis sur l’individu, le groupe, le clan, l’ethnie, le lobby, en sacrifiant la majorité de la population, la poussant ainsi vers la paupérisation et la misère. La mal-gouvernance freine la croissance sociale, économique et même religieuse de notre pays. Elle détruit les acquis, compromet les aspirations légitimes des citoyens, met en péril la confiance entre le peuple et les gouvernants et le conduit sournoisement à l’asphyxie et à la mort ».
« Face aux méfaits de la mal-gouvernance et de la corruption, nous interpellons la conscience des gouvernants et celle de leurs partisans directs ou indirects, passifs ou actifs sur tous ces maux qui contribuent à détruire le Cameroun et à hypothéquer l’avenir des millions de personnes, surtout des jeunes. En assumant la mission prophétique qui m’incombe, j’invite chacun à prendre ses responsabilités, et à s’impliquer davantage dans la transformation des mentalités, des comportements et des pratiques pour un Cameroun meilleur. Comme le dit si bien le Seigneur au prophète Ézéchiel : « Et toi, fils d’homme, je fais de toi un guetteur pour la maison d’Israël. Lorsque tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part » (Ez 33, 9) »





