Invité sur le plateau de Canal 2 International ce dimanche 17 mai, le maire adjoint de Douala 5e, Joseph Espoir Biyong, a clarifié les enjeux autour de la nomination d’un vice-président. Selon l’élu local, le chef de l’État, Paul Biya, n’en a pas l’obligation constitutionnelle, l’urgence absolue résidant plutôt dans la formation d’un nouveau gouvernement attendu depuis son investiture.
Le débat sur la transition et la structuration du sommet de l’État s’anime à l’aube des grandes échéances de l’année 2026. Intervenant lors de l’émission dominicale Canal Presse, Joseph Espoir Biyong a opposé une lecture stricte des textes à l’effervescence politique actuelle. Pour le maire adjoint de la commune d’arrondissement de Douala 5e, la focalisation de l’opinion sur la désignation d’un vice-président relève d’une mauvaise interprétation de la charte fondamentale.
« Ayons la sincérité de reconnaître que la loi donne la possibilité d’une nomination, ce n’est pas un impératif », a martelé l’élu face aux panélistes. Appuyant son argumentaire sur la lettre même de la loi fondamentale, il a rappelé que la formule constitutionnelle utilise le verbe « peut » et non une formulation contraignante. constitutionnellement, Paul Biya dispose donc d’une totale latitude discrétionnaire, l’autorisant légalement à laisser ce poste vacant.
Le grief d’un vide gouvernemental prolongé
Pour Joseph Espoir Biyong, l’attention citoyenne et l’action présidentielle doivent urgemment se reporter sur la conduite des affaires publiques. L’homme politique a vivement déploré l’absence d’un réajustement ministériel d’envergure, rappelant que le chef de l’État n’a formé qu’un seul gouvernement en janvier 2019 sur l’ensemble de son précédent septennat. Une longévité ministérielle qu’il qualifie de « record Guinness » inédit.
L’élu local a par ailleurs mis en exergue le décalage entre les engagements pris et la réalité du terrain, évoquant le message à la Nation du 31 décembre 2025 où la promesse d’une nouvelle équipe avait été esquissée après le scrutin présidentiel de l’année dernière. Selon sa lecture, les hésitations actuelles de la présidence de la République à restructurer l’équipe gouvernementale traduiraient une crise de confiance interne et une quête permanente de loyauté au détriment de l’efficacité administrative.
Au-delà des joutes verbales de plateau, la sortie de Joseph Espoir Biyong met en lumière l’impatience croissante d’une partie de la classe politique face à l’inertie institutionnelle. Alors que le Cameroun entame ce nouveau mandat sous le signe de grands défis socio-économiques, la formation d’une équipe ministérielle renouvelée reste le véritable baromètre attendu par les observateurs pour évaluer la trajectoire politique du pays.




