En s’associant à une publication virulente qualifiant Maurice Kamto de « père du tribalisme », le député Cabral Libii a ouvert un nouveau chapitre de son opposition affichée au leader du MRC. Un commentaire laconique mais lourd de sens qui illustre les fractures persistantes au sein de la classe politique.
Une approbation numérique qui fait jaser
En politique, les mots pèsent lourd, mais parfois, un simple acquiescement suffit à embraser l’espace public. En validant d’un laconique « Tout à fait » une publication Facebook de l’internaute Alaurice Kengne, le président du PCRN, Cabral Libii, a un peu plus officialisé sa rupture de ban avec le professeur Maurice Kamto.
Le texte incriminé qualifie sans ambages le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de « père du tribalisme bamiléké, de l’anti-Bassa et de la Libiiphobie politique ». Lorsqu’un élu de la Nation choisit d’accréditer publiquement de tels propos, l’acte dépasse le simple fait divers numérique pour devenir un signal politique fort.
Un feuilleton de rivalités et de piques croisées
Ce positionnement n’est que la partie émergée de l’iceberg d’une animosité ancienne et documentée. Déjà en septembre 2019, Cabral Libii estimait sur les ondes de Radio Balafon que le président du MRC ne pouvait se dire surpris de ses déboires judiciaires, avant de multiplier les mises en garde contre toute coalition.
Le contentieux s’est encore illustré le 21 septembre 2026 : à peine trente-cinq minutes après la publication par Maurice Kamto de sa « Pensée n°126-2026 » écartant l’idée d’un vice-président, le député du PCRN dégainait une réplique cinglante, fustigeant les « postures de stagiaires » de certains acteurs politiques malgré leur âge. Un climat alourdi par la récente sortie épistolaire d’Olivier Bibou Nissack depuis la prison de Yaoundé, contestant les déclarations de Cabral Libii sur les procès-verbaux de la présidentielle de 2018.
L’éternel paradoxe des oppositions camerounaises
L’histoire politique récente conserve pourtant en mémoire le soutien apporté par Maurice Kamto à Cabral Libii lors de ses démêlés administratifs avec le MINAT, une solidarité qui semble aujourd’hui bien lointaine. Alors que le pays fait face à des défis structurels majeurs, ces passes d’armes permanentes rappellent cruellement que l’opposition camerounaise trouve souvent son adversaire le plus redoutable en son propre sein.





