Le ministère de l’Enseignement supérieur a ouvert, ce 12 mai 2026 à Yaoundé, la deuxième phase des assises de relecture des programmes des facultés classiques. Sous l’impulsion du système LMD, les autorités académiques s’attellent à harmoniser les enseignements. L’objectif est clair : transformer les filières théoriques en véritables pépinières de compétences pour répondre aux exigences du marché de l’emploi et faciliter la mobilité des étudiants.
La fin de l’anarchie académique

L’amphithéâtre 200 de l’École Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé I sert de cadre, depuis mardi, à une petite révolution silencieuse. Sous la présidence du Pr Wilfred Nyongbet Gabsa, Secrétaire Général du MINESUP, les doyens et chefs de départements des facultés des Arts, Lettres, Sciences Humaines et Sciences de l’Éducation sont au chevet de leurs programmes.
Le constat est sans appel : l’hétérogénéité actuelle des maquettes de formation entre les différentes universités d’État est devenue un obstacle. Elle freine non seulement la mobilité des étudiants d’une ville à l’autre, mais brouille également la lisibilité des diplômes camerounais à l’international.
Professionnaliser les « Facultés classiques »
Au cœur des échanges, le passage d’une logique de simple transmission de connaissances à une logique de compétences. Le Pr Alphonse Tonye, Directeur du Développement de l’Enseignement Supérieur, a précisé le cap : mettre en place des « maquettes types ». Ces nouvelles structures intègrent des Unités d’Enseignement (UE) cohérentes, axées sur les acquis d’apprentissage.
Il ne s’agit plus seulement d’étudier l’histoire ou la sociologie pour la théorie, mais de structurer ces parcours autour du triptyque présidentiel : assurance qualité, professionnalisation et numérisation. En harmonisant les normes d’évaluation et les contenus, le Cameroun espère transformer ses facultés dites « classiques » en leviers de croissance économique.
Un diplôme, un métier
Ces assises, qui s’achèvent ce mercredi 13 mai 2026, marquent une étape décisive dans la modernisation de notre système éducatif. En alignant les programmes sur les standards internationaux du système Licence-Master-Doctorat (LMD), le gouvernement cherche à garantir l’employabilité immédiate des jeunes diplômés.
La réussite de cette réforme repose désormais sur la capacité des universités à appliquer rigoureusement ces nouveaux référentiels. Si le défi est relevé, l’enseignement supérieur camerounais pourrait enfin refermer le fossé qui sépare encore trop souvent les amphis du monde de l’entreprise.





