Le gouverneur de la région de l’Ouest, Awa Fonka Augustine, a ordonné le placement en garde à vue administrative du chef supérieur du groupement Baloum, Sa Majesté Noussi Pokam Charly Constant, ainsi que de huit autres individus. Cette mesure, prise le 19 juin 2026, fait suite à l’assassinat barbare de deux hommes soupçonnés de vol, lynchés et brûlés vifs le 5 juin dernier.
L’affaire qui a plongé le groupement Baloum, dans le département de la Menoua, dans l’émoi le plus total, connaît un tournant judiciaire décisif. Face à la gravité des faits, l’autorité administrative a décidé d’agir fermement en signant un arrêté ordonnant une garde à vue administrative de quinze jours, renouvelables, à l’encontre de neuf personnes, dont le chef supérieur du groupement, Sa Majesté Noussi Pokam Charly Constant.
Une enquête en pleine accélération
Selon les termes du document officiel, les personnes visées — Noussi Pokam Charly Constant, Noussi Wamba Loïc Dibril, Fonkoua Bryan, Numbe Alban Peguy, Foka Kengni Ravel, Tazifoue Tegang Arthur Louriche, Paguy Victor Martial, Djoni Djousop Jordan et Fotsi Alain Bruno — sont présentées comme auteurs, co-auteurs ou complices de l’assassinat de Sidamo Diffo Steve Achille et Kamta Jean Bostel. Les victimes avaient été accusées de vol de tôles avant d’être sauvagement lynchées et brûlées vives par une foule surexcitée.
La mesure est exécutée à la prison centrale de Bafoussam. Pendant cette période, les mis en cause seront soumis à une exploitation approfondie dans le cadre de l’enquête ouverte par la légion de gendarmerie de l’Ouest, sous la supervision de son commandant.
Justice contre justice expéditive
Ce dossier, qui soulève une nouvelle fois la question de la justice populaire au Cameroun, est suivi de près par l’opinion publique. Alors que certains suspects demeurent en fuite, les autorités entendent faire toute la lumière sur les responsabilités exactes de chaque acteur dans ce drame. Cette garde à vue administrative, en attendant les conclusions de l’enquête judiciaire en cours, marque la volonté de l’État de ne laisser aucun crime impuni dans cette affaire qui a terni l’image de la localité.






