Sur le plateau de Canal Press ce dimanche, l’avocat estime que les changements effectués sont factices mais sont plutôt des manœuvres du système Biya pour s’éterniser au pouvoir.
« Dans tout ce pays, qui compte, on dit, entre 20 et 25 millions de personnes, avec des intellectuels, avec des gens brillants qu’on peut voir, il n’a trouvé pour pouvoir continuer à l’accompagner que des personnes qui disent la même chose que lui, qui chantent tous les jours, que Paul Biya, voilà.
S’il avait au moins, même simplement en faisant semblant, pris d’autres personnes qui venaient d’ailleurs, peut-être que là j’aurais vu l’acte de ce qu’on appelle un homme d’État, dont j’ai du mal à voir. Alors si vous n’attendez d’acte d’homme d’État que par ces petites manœuvres qui sont des manœuvres de manigance, je pense que nous-mêmes, nous voyons vraiment petit bras.
Donc il n’y a pas là-dedans quelque chose qui me semble être annonciateur d’une espérance réelle. Ce n’est que des manœuvres pour continuer à vivre. Et vous allez voir que même les éléments qui vont arriver un peu plus tard, c’est-à-dire qu’on va sans doute avoir une modification de la Constitution la semaine prochaine ou la semaine d’après, avec le changement dans la structure, il va y avoir un poste de vice-président et tout le reste, c’est que M. Biya est retrouvé simplement, et tout son pouvoir et tout son système, dans la situation où ils sont dos mûrs, ils ne peuvent pas faire autrement que de donner l’impression d’échanger.
Mais ce sont les changements pour ne rien changer à la réalité, pour continuer à se maintenir, donner l’illusion qu’il y a quelque chose, qu’on a entendu, quoi que ce soit. Mais au fond, à la fin, je vous le dis, je le dis ici tous les jours, et cela est humainement concevable. L’homme d’État, celui que nous appelons, il sort de lui-même.
Il se dépasse, il se transcende, il a une assaise. Il n’y a rien dans ce que nous voyons. On est resté toujours dans les petites choses, entre soi, voilà, entre petits amis, et il ne se passera rien.
Donc, par conséquent, au jour où nous sommes, je vous l’ai dit la dernière fois, on discutait, je pense qu’à la place de M. Aboya, il y avait un autre membre du temps, du RDPC. On a pris langue ici. Je vous ai dit, attendons, d’abord, premièrement, vous n’aurez pas le gouvernement dans les délais.
On y est encore, ça doit faire 3 ou 4 mois que vous vous avez invité ici. Il n’y a pas de gouvernement. Même lorsqu’il va y avoir le gouvernement, il n’y aura aucune révolution.
Parce que tant que vous avez la même énergie, qui inspire les mêmes personnes. Dites-vous toujours que, si ceux qui ont accompagné pendant 35 ans peuvent subir l’injustice, entre guillemets, la ressentir comme ça, je me demande si vous devriez vous sentir à l’aise à continuer à s’inventer. Moi je vous, voilà, observons simplement ».





