Cameroun-Opinion : «   Il faut plus que des poupées sexuelles pour bousculer les habitudes sexuelles des Camerounais » analyse d’un sociologue.

Poupée Sexuelle

Le sociologue Henry Tedengmo Teko dans un entretien accordé au quotidien Mutation s’exprime sur ce nouveau phénomène sexuel qui fait le buzz.

Quel regard portez-vous sur le phénomène de poupées sexuelles ?

Le phénomène de poupées sexuelles n’a encore aucune consistance empirique dans notre environnement social. Il s’agit d’un phénomène de mode qui est plus médiatique que social. L’attention suscitée par les médias et l’intérêt accordé par quelques Camerounais à ces poupées traduisent l’opportunité que ce sujet offre pour une expression libre des points de vue relatifs à la sexualité, dans une société où cela relève presque du tabou. Ce sujet n’est en réalité qu’un prétexte qui permet aux uns et aux autres d’actualiser le débat sur la sexualité moderne dans un contexte d’émergence des formes importées de pratiques naturelles et artificielles des relations sexuelles.

Comment comprendre l’intérêt des hommes pour ces poupées ?

Pour le moment, l’on ne dispose pas encore d’indicateurs qui rendraient compte de l’intérêt des hommes pour ces poupées dans notre environnement. Les supputations de quelques hommes recueillies à l’occasion de quelques reportages réalisés sur le terrain par des médias sont insuffisantes pour constater un quelconque intérêt des hommes pour ces poupées. Il est important d’éviter toute généralisation hâtive et toute conclusion précipitée.

Est-ce que cette tendance a des chances de prospérer en Afrique et notamment au Cameroun ?

Le transfert des pratiques culturelles d’une société à une autre ne se décrète pas et n’est pas automatique. Il faut relever que ces poupées sexuelles sont d’abord et avant tout des biens produits et mis sur le marché pour la consommation. Toute la communication menée par les médias locaux autour de ces poupées sert les intérêts des fabricants et est susceptible de contribuer à faire de notre environnement un marché potentiel. Les fabricants sont des entrepreneurs du plaisir en quête de marchés pour vendre leurs produits. Le Cameroun ne pourra être un environnement propice à leur ambition que s’ils arrivent à développer des stratégies marketing adaptées aux besoins et habitudes de consommation des clients de l’économie du plaisir artificiel.  

Peut-on craindre que ces poupées mettent à mal les habitudes sexuelles des Camerounais ?

Il n’y a rien à craindre. Nous sommes en réalité face à des gadgets sexuels dont la nouveauté anime pour le moment les commentaires des uns et des autres. L’intérêt accordé à ces poupées par les médias locaux suivra le cycle de vie traditionnel de la médiatisation des nouveaux gadgets et d’ici quelques semaines, on en parlera même plus. Il faut plus que des poupées sexuelles pour bousculer les habitudes sexuelles des Camerounais.

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