Le ministère des Finances a enclenché un vaste audit de la dette flottante accumulée par l’administration publique entre 2020 et 2025. Cette opération d’envergure vise à apurer les arriérés dus aux prestataires et fonctionnaires, tout en assainissant les comptes de l’État à l’heure où Yaoundé négocie un nouveau programme avec le FMI.
C’est un chantier hautement stratégique qu’a ouvert le gouvernement camerounais. Depuis le mois d’août, les services de la Direction générale du budget passent au peigne fin la dette flottante de l’État, constituée des factures et impayés laissés en suspens par l’administration centrale, les universités d’État, les entreprises publiques et les collectivités territoriales décentralisées.
Le périmètre de cette opération couvre toutes les obligations générées entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2025. Les entités publiques concernées disposent d’un délai impératif fixé au 31 octobre 2026 pour transmettre leurs dossiers justificatifs. Diverses créances sont ciblées par ce recensement : des rappels de salaires et primes pour les fonctionnaires, aux factures de fournisseurs de biens et services, en passant par les engagements académiques, sociaux et locatifs.
Ce diagnostic intervient dans la continuité d’un premier exercice mené fin 2020, qui portait sur la période 2000-2019 et avait permis de valider un stock de 752,1 milliards de Francs CFA, dont près de deux tiers ont été apurés à ce jour. Mais au-delà de la simple régularisation comptable, l’enjeu majeur de cette nouvelle descente sur le terrain est l’implacable traque de la fraude. Le précédent audit avait en effet conduit au rejet de plusieurs milliers de dossiers entachés de doublons ou de falsifications.
En lançant cette opération en pleine période de pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un nouveau programme financier, le Cameroun joue une partition diplomatique et économique décisive. Il s’agit d’offrir des gages tangibles de rigueur et de transparence dans la maîtrise de sa dette intérieure, condition sine qua non pour consolider la confiance des partenaires au développement.





