Réfugié hors du Cameroun, le capitaine Effoudou Awussi affirme qu’une équipe de la DGRE a été dépêchée en France pour l’assassiner. Une accusation explosive liée à ses récentes révélations sur l’affaire Martinez Zogo, qui place les autorités de Yaoundé au centre d’une vive tension sécuritaire et diplomatique.
L’affaire secoue les arcanes du renseignement camerounais. Réfugié hors des frontières nationales, le capitaine de l’armée Donald Effoudou Awussi lance de nouvelles accusations d’une extrême gravité, affirmant qu’une équipe de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) est arrivée en France avec pour mission de l’éliminer.
Ces dernières semaines, le jeune officier s’est distingué par des sorties explosives mettant en cause de hauts responsables du régime de Yaoundé, notamment au sujet du meurtre non élucidé du journaliste Martinez Zogo. Si les éléments matériels étayant cette prétendue menace ou la saisine officielle des services de sécurité français demeurent pour l’heure incertains, le passif institutionnel confère à cette alerte une résonance particulière. En effet, la DGRE se trouve déjà au cœur d’une tourmente judiciaire retentissante, plusieurs de ses agents et anciens membres étant actuellement jugés pour l’enlèvement, la torture et l’assassinat de Martinez Zogo en janvier 2023. Les audiences ont notamment mis en lumière l’implication de commandos affiliés et l’analyse de communications numériques liées à ce drame.
Dès lors, la question d’un ancien initié de la présidence pris pour cible sur le sol européen en raison de ses révélations légitime une vigilance accrue. Si de telles accusations venaient à être étayées, une mission d’assassinat commanditée par un État sur le territoire français constituerait une violation intolérable de la souveraineté, aux répercussions pénales et diplomatiques potentiellement lourdes. Pour l’heure, ni les autorités camerounaises ni la direction de la DGRE n’ont formulé de réaction publique face à ces graves imputations.





