Lions Indomptables : Mieux comprendre la décision du gouvernement

Benjamin Zebaze analyse les nominations à la tête des Lions Indomptables du Cameroun, qui ont entraîné un conflit ouvert entre le gouvernement et la Fecafoot. Le journaliste à la retraite rappelle l’histoire des tensions entre ces deux entités et mentionnes les possibles conséquences de cette décision du gouvernement.

Hier soir, le ministre des sports, respectant les instructions du président de la République, a signé un texte procédant à la nomination de cadres à la tête des Lions Indomptables.

Cet acte est une véritable déclaration de guerre au président de la Fecafoot

RAPPEL HISTORIQUE

On ne peut comprendre ce qui se passe sans un bref rappel historique. L’histoire de la Fecafoot est émaillée de nombreux conflits avec le gouvernement. Historiquement, la presse et les Camerounais ont toujours soutenus la fédération contre ce gouvernement.

L’emblématique président Iya Mohamed a payé cher afin d’obtenir l’autonomie de la Fecafoot; sous de faux prétextes, il est aujourd’hui en prison: personne n’est dupe.

Arrive Samuel Eto’o, le chouchou du pouvoir, qui, par son arrogance, pousse ceux qui avaient soutenus Iya dans son combat homérique à implorer l’aide de l’Etat afin d’arreter la gabegie qui s’est installée au sommet de notre football.

UNE DÉCISION MANIFESTEMENT ILLÉGALE DU GOUVERNEMENT

C’est dans ce conteste qu’intervient les récentes nominations à la tête des Lions Indomptables du Cameroun: nominations que Samuel Eto’o aurait découvert, comme n’importe quel camerounais, dans les médias.

Au regard de notre droit et des textes de la Fifa, ces nominations sont illégales. Mais en matière de droit, Kombi Mouelle est un expert: lui et tous les experts du gouvernement savent ce qu’ils font.

Qui nous dit qu’ils ne souhaitent pas l’intervention de la Fifa à travers une suspension pour en finir une fois pour toute avec l’arrogant Samuel Eto’o ?

Qui nous dit qu’ils n’ont pas assez de dossiers sales pour réduire Samuel Eto’o au silence ?

Ce dernier et ses partisans ne peuvent venir se plaindre aujourd’hui alors que le gouvernement a suivi le même processus que lors de la nomination de Rigobert Song: à ce moment là, personne à la Fecafoot n’avait trouvé à redire.

LE PRÉSIDENT DE LA FECAFOOT JOUE AVEC LE FEU

Il ne faut jamais croire aux hommes politiques: où sont les Ngoh Ngoh, Ayolo, Chantal Biya…pour sauver le soldat Eto’o qu’ils embrassaient en mondivision ?

Bien sûr que ce dernier peut évoquer le droit; saisir la Fifa…mais le gouvernement a plusieurs moyens qu’il peut utiliser pour le réduire à néant et je peux en citer quelques uns:

1- La « jurisprudence » Nganang: comme l’universitaire, il suffirait de lui rappeler qu’il n’est pas Camerounais et lui confisquer le passeport qui va avec. Ensuite, lui refuser tout visa dans nos ambassades;

2- Pression sur le Comex: convoquer à la présidence de la République les membres du Comex et organiser avec eux une « révolution de palais »: qui parmi ses mauviettes pourraient rechigner ?

3- Les dettes de la Fecafoot envers l’Etat;

4- L’utilisation des subventions de l’Etat qui donne à ce dernier un droit de regard sur les affaires de la Fecafoot ;

5- Possibilité d’un audit sur les comptes de la Fecafoot: si ça existe, comment justifier la prise en charge d’un Armand Noutack lors des compétitions officielles par exemple ? Rien que ça peut être assimilé à un détournement de biens publics.

CONCLUSION

Selon moi, Samuel Eto’o doit trouver un nouveau boulot car, « les carottes sont cuites ». Elles sont d’autant plus cuites que la Caf, la Fifa, le Tass…ont des dossiers en attente.

Par Benjamin Zebaze

Partager l'article:
Étiquettes:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire sur mobile

QR Code
Ne perdez plus rien, recevez le résumé de l'actualité quotidienne, directement dans votre courriel.

Vous êtes désormais inscrit à notre newsletter, merci de faire partie de notre auditoire!

Dans la même catégorie:

Le 13 juillet 2026, l’ancien ministre Issa Tchiroma Bakary a annoncé le dépôt de deux plaintes pénales en Suisse concernant la répression des manifestations post-électorales

Le recours aux injections de produits de comblement corporel par des influenceuses, sans formation médicale, suscite une vive controverse au Cameroun. Si le débat sur

Invité de l’émission « Libre Expression » ce dimanche, Valère Bessala a vivement critiqué la gestion du navire de liquéfaction Hilli Episeyo. Alors que ce

Alors que les délestages électriques rythment le quotidien des Camerounais, la gestion des structures étatiques fait l’objet de vives critiques. Invitée au « Club d’Élites

Dans la nuit du 11 au 12 juillet 2026, une collision maritime a perturbé les activités du Port de Douala-Bonabéri. Le choc, survenu entre les

Ce dimanche, les autorités administratives de Yaoundé 5 ont débuté l’apposition des scellés sur plusieurs lieux de culte non autorisés. Pilotée par le ministère de