Le prélat ne cache pas sa tristesse suite à la réélection de Paul Biya.
Samuel Kleda, archevêque métropolitain de Douala, a exprimé publiquement son malaise face à la reconduction de Paul Biya à la tête de l’État camerounais. À 92 ans, dont 43 à la tête du pays, le vieux locataire du Palais d’Etoudi entame ainsi un huitième mandat.
Invité de Radio France Internationale (RFI), au micro du journaliste Christophe Boisbouvier, le prélat n’a pas caché sa tristesse. Mgr Kleda a rappelé les exigences humaines et physiques liées à l’exercice de la fonction présidentielle. « Vraiment, je dirais, je suis triste. Je suis triste parce que, selon moi, quand on est une autorité, ça veut dire qu’on doit être capable de gouverner. Mais nous le savons, sur le plan humain, une personne âgée de 92 ans ne peut plus travailler nuit et jour pour gouverner », a-t-il déclaré.
Ces propos s’inscrivent dans la continuité des mises en garde formulées par l’archevêque en 2024, lorsqu’il jugeait peu réaliste une nouvelle candidature du président sortant, au regard des défis économiques, sociaux et sécuritaires auxquels le Cameroun est confronté. Sans remettre en cause les institutions, Mgr Kleda souligne avant tout les limites imposées par la condition humaine, estimant que la lucidité devrait primer dans les choix politiques majeurs.
Pour le métropolitain de Douala, le pays a manqué une occasion historique de transition pacifique. Le natif de Yagoua regrette que les appels au réalisme et à l’alternance n’aient pas été entendus. « On devait être réaliste, dire que non, ce n’est pas ça. Essayons de choisir une autre personne qui puisse gouverner le pays. Mais malheureusement, nous sommes là à ce niveau », a-t-il déploré.





