Dans cette sortie, L’avocate s’insurge contre la lapidation médiatique dont est victime Josiane Golonga, la miss Cameroun déchue.
« De la responsabilité des médias !
Atteinte à la vie privée : le vol de données personnelles n’est pas une opinion, c’est une infraction
Publier des échanges privés pour exposer une jeune femme à la vindicte publique n’a rien d’un jeu. C’est un acte grave. C’est une violence.
S’approprier des discussions intimes, les sortir de leur contexte, les livrer à la foule numérique dans l’espoir de briser une réputation ou de pousser quelqu’un à bout, c’est franchir une ligne rouge. Derrière l’écran, il y a une personne. Une fille. Une famille. Un avenir. La viralité ne doit jamais servir d’arme.
L’affaire visant la Miss Cameroun rappelle une évidence : la responsabilité dans les médias – qu’ils soient traditionnels ou numériques – n’est pas une option. Informer ne signifie pas humilier. Révéler ne signifie pas détruire. La liberté d’expression ne protège ni le harcèlement, ni l’atteinte à la vie privée, encore moins l’incitation au suicide.
Celui ou celle qui s’est accaparé le compte de cette jeune femme a fait preuve d’une irresponsabilité inquiétante. Sans valeur d’humanité, car l’humanité commence par le respect de l’intimité et la conscience des conséquences. On ne joue pas avec la santé mentale d’autrui pour quelques clics, quelques partages ou quelques règlements de comptes.
Nous devons collectivement nous interroger : jusqu’où irons-nous ? La société numérique que nous construisons sera-t-elle un espace de débat et de dignité, ou un tribunal permanent où l’on lapide sans preuve et sans limite ?
La responsabilité est individuelle, mais elle est aussi collective. Refuser de relayer, refuser de commenter, refuser d’alimenter la meute, c’est déjà protéger.
À l’approche de la journée internationale des droits des femmes interrogeons nous :, la question est simple : voulons-nous célébrer les femmes en paroles et les fragiliser en actes ? La cohérence commence par le respect.Quel sens donnons-nous à nos discours sur la protection des femmes si, dans le même temps, nous participons — activement ou passivement — à leur mise en pâture numérique?
Il est temps de rappeler que la technologie ne nous dispense ni de conscience, ni de morale. »





