Les femmes camerounaises représentent 67% des opérateurs informels de la zone des trois frontières à Kyé-ossi. Cette statistique est tirée de l’étude publiée ce 10 mars 2026 par le Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), et intitulée :« Caractérisation du commerce transfrontalier informel en Afrique centrale : cas de la zone des trois frontières Cameroun- Gabon- Guinée équatoriale ».
67 % des opérateurs du commerce transfrontalier informel dans la zone des trois frontières que partage le Cameroun, le Gabon et la Guinée équatoriale sont des femmes, majoritairement jeunes. Une statistique tirée du rapport d’enquête effectué entre octobre 2023 et novembre 2023, analysé et publié ce 10 mars 2026 par le Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la Commission économique pour l’Afrique (CEA). Un travail de terrain opéré dans l’arrondissement de Kyé-Ossi, département de la Vallée du Ntem, région du Sud. Une ville tampon dans laquelle les femmes constituent l’essentieldes opérateurs économiques du commerce transfrontalier.
Selon les résultats de la collecte des données, ces opératrices sont essentiellement jeunes et 60 % d’entre-elles ont entre 25 et 40 ans. Les jeunes filles de moins de 25 ans sont moins nombreuses avec 3 % contre 15 % de jeunes garçons dans la même activité. Dans cette zone, la grande majorité des commerçants qui exerce sont essentiellement de nationalité camerounais (80 % des opérateurs enquêtés), gabonaise (8 %) et équato-guinéenne (11 %).L’activité principale exercée par les opérateurs économiques dans cette localité à forte concentration commerciale est l’exportation.Un secteur des exportations assuré à 61% par les femmescontre 15 % des importatrices et 18 % des intermédiaires. Une spécificité camerounaise qui va à l’encontredes travaux menés en 2018 par la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) sur «Étude des entraves au commerce transfrontalier des femmes en Afrique centrale ». En effet, selon cette enquête,les femmes actives dans le secteur du commerce transfrontalier dans les pays de la sous-région sont principalement impliquées dans l’importation de marchandises. Une règle sous-régionale certes, mais à laquelle fait exception les femmes du pays leader de la zone qui sont principalement impliquées dans l’exportation.
A ce titre, les produits couramment exportés par ces dernières sont constitués à 90 % des produits agricoles (banane douce, banane plantain, manioc, igname, pommes de terre, oignon, piment, légumes, fruits (pastèques, citrons, etc.). Par contre, les importations font la part belle aux produits manufacturés comme les boissons en canettes, les vins et autres liqueurs, les produits cosmétiques, les biscuits, les sardines, les poulets congelés, le carburant, les huiles alimentaires, etc. Deux volets principaux de cette activité, malheureusement entachés par l’absence de maitrise, par ces femmes d’affaire, de la réglementation en vigueur en matière de commerce international ou transfrontalier.
Une défaillance quasi-générale des travailleurs exerçant dans ce domaine car, selon l’étude, 71 % des commerçants enquêtés déclarent avoir une faible connaissance de la réglementation en vigueur en matière de commerce international ou transfrontalier. Néanmoins, cette proportion est plus élevée chez les femmes avec une valeur relative de 81 %.Une non-maitrise des procédures à suivre qui ouvre très souvent la voie à des circuitsinformels par le biaisde négociations et des paiements informels (corruption, « pots-de-vin ») à la frontière pour faire passer leurs marchandises. Des moyens illégaux dont les coûts pourraient être supérieurs au montant que l’opérateur aurait payé en utilisant les procédures réglementaires. L’ignorance de la réglementation rend ces femmes vulnérables et les expose par ailleurs aux arnaques de toutes sortes. Des aléas qui, au finish, constituent un véritable frein pour la formalisation de cette activité, portée en partie par les femmes camerounaises.





