Dans cette sortie de Georges Mbimbè, journaliste sportif exerçant pour Radio Sport info (RSI), il est très hatif de s’emballer après cette victoire des lions indomptables sur le Gabon.
On a entendu certaines choses après le succès du Cameroun face au Gabon (1-0). Match « petit bras », Lions « en souffrance », ballon laissé à l’adversaire, occasions gabonaises…
Il faut rappeler une vérité simple, David Pagou a eu moins de deux semaines pour travailler avec ce groupe. Moins de deux semaines pour transmettre des principes de jeu, installer une organisation, créer une cohésion. En face, le Gabon évoluait avec un staff en place depuis plus longtemps, des automatismes déjà rodés et une continuité assumée.
Ajoutez à cela une équipe camerounaise rajeunie, avec plusieurs joueurs découvrant la CAN, parfois même leur tout premier match à ce niveau. Quand on connaît le football, on sait que ce genre de rendez-vous est d’abord un piège, pas un récital annoncé.
Et pourtant, le Cameroun a gagné. Parce que les derby ne se jouent pas toujours, ils se gagnent. Parce que dans une compétition aussi courte et exigeante que la CAN, prendre trois points d’entrée, c’est déjà un pas décisif. Dans un format où les meilleurs troisièmes peuvent se qualifier, ce succès place les Lions Indomptables avec un pied et demi en huitièmes de finale. Le reste viendra ; les automatismes, la fluidité, la confiance. Cette équipe est appelée à monter en puissance.
Il faut surtout saluer le courage du sélectionneur. David Pagou a fait des choix forts, parfois à contre-courant. Des joueurs annoncés titulaires (Wooh, Boyomo) ont débuté sur le banc, au profit d’éléments jugés plus investis (Malone , Kotto), plus affûtés à l’entraînement. Un message clair, assumé, et tenu : ici, le statut ne protège personne. La récompense du travail, oui.
Plusieurs de ces choix se sont révélés payants, preuve que le discours n’était pas qu’un effet d’annonce.
Enfin, rappelons ce que le Cameroun a toujours été dans l’histoire de la CAN. Les Lions Indomptables n’ont jamais bâti leur légende sur la seule brillance technique, mais sur la combativité, la discipline tactique, la solidarité et la capacité à souffrir ensemble. Et si l’on observe bien, ces ingrédients étaient déjà là hier face au Gabon.
Trop tôt pour parler de titre, certes. Mais suffisamment d’indices pour croire que quelque chose est en train de naître; cette victoire n’est pas un aboutissement. C’est une base.





