Surprise et préoccupation au Swaziland, rebaptisé par son roi

Les habitants du Swaziland commentaient vendredi le changement du nom de leur pays, rebaptisé la veille eSwatini par le roi Mswati III, dernier monarque absolu d’Afrique.

Mswati III a fait cette annonce, à la surprise générale, lors des cérémonies ayant marqué jeudi le 50e anniversaire de l’indépendance de ce petit Etat d’Afrique australe, ancien protectorat britannique, enclavé entre l’Afrique du Sud et le Mozambique.

ESwatini signifie « le pays des Swazis », en langue swati. Le nom Swaziland est un mélange des langues swati et anglaise. Pour ses adversaires, cette décision est révélatrice de l’autoritarisme du monarque, qui gaspille les fonds de l’Etat alors que le pays souffre de la pauvreté.

« Nous voyons bien ici le style autocratique du roi Mswati », a ainsi dénoncé Alvit Dlamini, dirigeant du Congrès national de libération Ngwane, un parti politique qui, comme tous les autres, n’est pas autorisé à participer aux élections. « Il n’a pas le droit de changer le nom du pays à sa guise. Il est censé consulter la nation », a-t-il ajouté, en soulignant le coût d’une telle mesure, dans un pays où 63% des 1,3 million d’habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté,

selon le Programme alimentaire mondial. De son côté, le Congrès des syndicats du Swaziland a prévenu que le changement ne prendrait pas effet immédiatement et que lui-même n’envisageait pas de modifier son nom de manière imminente.

« Le Parlement doit maintenant entamer la procédure d’amendement de la Constitution. Le changement ne peut pas se faire de manière hâtive », a expliqué à l’AFP son secrétaire général par intérim, Mduduzi Gina. Pour une majorité de Swazis interrogés, le changement de nom entraîne la crainte de dépenses inutiles et d’un accroissement de la bureaucratie. « Nous ne souffrons pas tous d’un complexe d’infériorité », a commenté Hynd Shongwe, un habitant de Mbabane, dans une pique adressée au roi, qui avait justifié le changement de nom pour se débarrasser d’une référence coloniale.

« Mon souci, c’est le coût et le désagrément d’avoir à modifier tous les documents officiels », a-t-il poursuivi. Contrairement à d’autres pays africains, le Swaziland n’avait pas changé de nom lorsqu’il avait accédé à l’indépendance en 1968.

L’idée d’un changement de nom était évoquée depuis plusieurs années et le roi Mswati III avait déjà utilisé le terme de eSwatini dans des discours.

 

AFP

Partager l'article:
Étiquettes:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire sur mobile

QR Code
Ne perdez plus rien, recevez le résumé de l'actualité quotidienne, directement dans votre courriel.

Vous êtes désormais inscrit à notre newsletter, merci de faire partie de notre auditoire!

Dans la même catégorie:

Le nouveau verdict de Reporters sans frontières (RSF) vient de tomber et le constat est sévère pour le paysage médiatique camerounais. En reculant à la

À l’approche de la 54ème Fête de l’Unité, le président du Front des Démocrates Camerounais (FDC) brise un tabou : la capacité physique du chef

Quatre jours après le drame qui a secoué l’arrondissement de Jakiri, dans le Nord-Ouest, les contours de la tuerie commencent à se dessiner malgré le

Lancé officiellement le 24 avril dernier, le 4e Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH), couplé au dénombrement agropastoral, se veut un tournant

Le week-end dernier, le village de Ndzerem-Nyam, dans le département du Bui, a été le théâtre d’une tuerie d’une rare violence, faisant au moins 14

Réunis à Yaoundé ce 29 avril 2026, les membres du Comité National de Pilotage des programmes routiers ont validé la feuille de route pour l’année