Transport ferroviaire : Le doute plane sur le nouveau train express

Au Cameroun, les inquiétudes sont vives, après l’annonce de la grande reprise du trafic ferroviaire entre Douala et Yaoundé.

Cette reprise survient cinq ans après l’accident d’Eseka, plus grande catastrophe ferroviaire de l’histoire du pays. Camrail, le concessionnaire du chemin de fer camerounais, essuie les critiques de la société civile depuis le voyage test du train express le 29 avril 2021.

Après ce voyage test réalisé par Camrail, plusieurs organisations de la Société civile camerounaise, dénoncent les risques que font courir ces voitures relookées aux voyageurs.

Voitures relookées

Le 29 avril en effet, le ministre des transports a procédé à l’essai du tout premier train express qui relie Douala et Yaoundé. Camrail et les autorités soutiennent que la mise en circulation de ce train, va permettre le désengorgement de l’axe routier Douala-Yaoundé, les deux plus grandes villes du pays. Le voyage avait été instruit par le Premier ministre camerounais.

La puissante Ligue camerounaise des consommateurs (LCC), la Fondation camerounaise des consommateurs (Focaco), le Collectif Universal Lawyers ainsi que l’Association des victimes de la catastrophe ferroviaire d’Eseka, accusent Camrail, d’avoir procédé à la « rénovation » de 11 voitures voyageurs, d’1 wagon bar et 2 fourgons auxquels s’ajoutent les 4 locomotives acquises chez General Electric.

Ces organisations demandent en outre au concessionnaire du chemin de fer camerounais de procéder à l’entretien et à la modernisation de 1000 km de rails abandonnés. Selon ces ONG qui craignent une autre catastrophe ferroviaire, les « wagons mis en circulation ont juste été repeints en vert et blanc. »

Le train express a été réhabilité pour plus de 2 milliards de dollars américains. Pour la reprise du trafic ferroviaire annoncée en grandes pompes, quatre villes seront desservies, Edéa, Eséka, Mankak, et Ngoumou.

Le 21 octobre 2016, la tragédie d’Eseka avait officiellement causé la mort de 79 personnes et fait près de 600 blessés. Reconnue responsable de « négligences » par le rapport d’enquête, l’entreprise ferroviaire et 11 de ses employés ont ensuite été condamnés pour « homicide involontaire », « blessures simples » et « activités dangereuses « . Ils ont contesté le verdict en appel, reprochant un manque « d’expertise qualifiée. »

Les accusations avaient été confirmées en appel. S’agissant toujours d’accident ferroviaire, le 1er mai 2021, une personne a été tuée et quatre autres blessées dans un accident impliquant un train Camrail.

L’accident s’est produit entre Olembe et Obala alors qu’un véhicule était sur la voie ferrée.

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