La question de la vacance de la présidence de la République divise la classe politique et juridique. Le député Cabral Libii soutient que seul le vice-président peut saisir le Conseil constitutionnel, tandis que l’avocat Christian Bomo Ntimbane défend la compétence du président de l’Assemblée nationale.
Au Cameroun, l’architecture institutionnelle en cas de vacance au sommet de l’État fait l’objet d’une vive controverse. Deux figures de la scène publique s’affrontent ouvertement sur l’autorité habilitée à saisir le Conseil constitutionnel pour constater une telle situation.
Cette polémique trouve son origine dans une démarche de Hiram Samuel Iyodi, qui a demandé au président de l’Assemblée nationale, Théodore Datouo, de saisir la haute juridiction. En réponse, le président du PCRN, Cabral Libii, a proposé une lecture qu’il qualifie de pédagogique. S’appuyant sur la loi du 14 avril 2026 qui révise l’article 38 de la loi de 2004, il affirme que seul le vice-président de la République est désormais compétent pour effectuer cette démarche. Selon le député, l’absence de survivance des anciennes dispositions ne permet plus au président de l’Assemblée nationale d’agir, au point de déclarer qu’en l’absence de nomination d’un vice-président, la vacance ne pourrait juridiquement être constatée.
Une position battue en brèche par l’avocat et responsable politique Christian Bomo Ntimbane. Pour ce dernier, la loi d’avril 2026 se contente de modifier et compléter le texte de 2004 sans abroger les dispositions antérieures. Il soutient que le président de la chambre basse conserve son rôle supplétif et peut légitimement saisir le Conseil constitutionnel tant que le poste de vice-président reste vacant.
Cette divergence d’interprétations entre juristes met en lumière les zones d’ombre de notre législation. Au-delà des joutes politiques, elle rappelle l’impératif d’une clarification institutionnelle pour garantir, en toute circonstance, la sécurité juridique et la continuité de l’État camerounais.





