VIOLENCE : Crise de la testostérone ou féminisme castrateur ?

Depuis bientôt trente ans, il s’opère dans les sociétés africaines, des glissements sibyllins qui nous conduisent à passer progressivement, de la dénonciation des violences faites aux femmes, à la tolérance des violences faites aux hommes, et, maintenant, à l’apologie décomplexée du divorce.

Attention ! Le divorce n’est pas plus utile ni appréciable, dans les sociétés africaines ethnocidées, que la violence conjugale. Entre ces deux étapes de la vie de milliers de couples africains, il y a toujours un cheminement, des manquements – individuels et collectifs – que nous nous refusons volontairement de voir et de questionner; parce que la mode est à 《la guerre des sexes》. L’obsession égalitaire, héritée de Mai 68 en France (qui a eu d’importantes répercussions en Afrique) a fini de ruiner ce qu’il restait de l’approche complémentaire de la vie à deux dans les sociétés africaines d’antan.

À la vérité, nous avons faussé le diagnostic en sexualisant le débat sur la violence au sein des couples. Or, hommes et femmes sont des victimes de la même barbarie ! Aucune forme de violence ne peut/doit être à tolérée.

À vrai dire, la violence conjugale n’est pas simplement l’expression d’une 《crise de la testostérone》. Elle n’est pas seulement le fait d’un 《féminisme revanchard et castrateur !》
Pour ma part, j’ai toujours considéré que, dans les communautés africaines, la violence conjugale, telle qu’elle se vit aujourd’hui, est avant tout « un fait de civilisation ». C’est à dire qu’elle rend compte de la réalité d’une époque avec ses contradictions. Elle raconte une rupture en forme de crise culturelle, que l’on ne peut résoudre sans une re-découverte profonde du sens et de la signification du mariage en Afrique; et par une réhabilitation des instances de préparation au mariage et de socialisation, dont la famille, que la modernité occidentale a profondément corrompue.

C’est pourtant là-bas (au sein de la famille) que se font les femmes et les hommes violents.

Luc Perry Wandji.

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