Le Syndicat National des Bouchers du Cameroun (SYNBOCAM) observe, depuis le 11 mai, une grève de 72 heures dénommée « Couteaux Morts ». En cessant toute activité jusqu’au 13 mai, les professionnels du secteur entendent protester contre l’asphyxie financière de leur filière et exigent l’ouverture immédiate de négociations avec le gouvernement pour une révision des prix.
L’opération « Couteaux Morts » porte déjà ses fruits, au grand dam des ménagères. À travers la capitale, les étals de viande sont restés désespérément vides, conséquence d’un ras-le-bol généralisé des bouchers face à une équation économique devenue intenable.
Le SYNBOCAM dénonce un effet de ciseaux dévastateur : d’une part, l’explosion du prix du bétail — dopée par l’insécurité, le coût du carburant et l’inflation des intrants — et d’autre part, le gel des prix de vente imposé par l’État. Pour les bouchers, ce blocage administratif les condamne inexorablement à la faillite.
L’objectif de ce débrayage est clair : forcer les ministères du Commerce et de l’Élevage à une restructuration structurelle du secteur. Dans ce bras de fer, les grévistes préviennent que seule une concertation franche permettra de lever les couteaux et de ravitailler à nouveau les marchés de la République.





